Se protéger des moustiques

 

 

Piqûres

Toujours désagréables, les piqûres peuvent devenir dangereuses si le moustique est infecté et porteur d’un virus. Longtemps cantonné aux destinations exotiques, le risque touche depuis peu le sud de la France. Se protéger devient impératif.

 

Un risque nouveau

L’été 2010 fut inquiétant. Pour la première fois, le chikungunya et la dengue ont frappé sur la Côte d’Azur, avec deux malades à Nice et deux autres à Fréjus. Or, aucune de ces personnes n’avait voyagé, elles ont été piquées par des moustiques locaux. Le coupable a été identifié, il s’agit du ­redoutable moustique tigre (Aedes ­albopictus), responsable des épidémies de chikungunya et de dengue dans les zones tropicales. Exotique, il a débarqué il y a quelques années.  Il a d’abord gagné la Corse et le Var, avant de s’implanter sur toute la bordure méditerranéenne. Puis il est remonté vers l’intérieur, en Provence et en Rhône-Alpes. On le trouve dans les Alpes de Haute-Provence, le Vaucluse, et même dans la Drôme, l’Ardèche, l’Isère et le Rhône depuis l’été dernier. Mais il s’étend aussi dans le Sud-Ouest, la Haute-Garonne et le Lot-et-Garonne. Actuellement bien implanté dans 17 départements, il pourrait encore gagner du terrain dès cet été. En effet, il a déjà été repéré dans les Pyrénées-Atlantiques, en Gironde, dans l’Aveyron, en Savoie et Haute-Savoie, dans l’Ain et même en Saône-et-Loire.

 

La transmission de la maladie

Tout commence quand une femelle (ce sont elles qui ont besoin de sang pour pondre) pique une personne venant d’une zone contaminée, porteuse sans le savoir du virus de la dengue ou du chikungunya. Le moustique s’infecte puis transmet le virus à chaque individu piqué par la suite, jusqu’à 7 à 10 personnes. Lesquelles peuvent ensuite être ­piquées par d’autres moustiques, qui ­deviennent à leur tour vecteurs du virus.

 

Les autorités sanitaires en alerte

Heureusement, il n’y a pas d’épidémies dans l’Hexagone, le moustique tigre présent ici n’étant pas porteur de virus. Mais les autorités sanitaires le surveillent de près, car le risque existe. Il suffirait que des moustiques tigres sains piquent des personnes rentrant de voyage et porteuses, sans le savoir, du virus du chikungunya ou de la dengue pour qu’une épidémie se déclenche. C’est arrivé en Italie en 2007, à Ravenne, où 250 personnes ont contracté le chikungunya alors qu’aucune n’avait voyagé. Sans céder à la panique, il est donc préférable de s’en protéger.

 

Traquer le moindre dépôt d’eau stagnante

Pour éviter les piqûres, il faut adopter la bonne stratégie, et elle ne va pas de soi. En effet, contrairement aux espèces habituelles de nos climats tempérés, le moustique tigre pique tout au long de la journée, et en plus il vit tout près des habitations. En revanche, il se déplace peu, dans un rayon de 50 mètres maximum. La méthode la plus efficace pour éviter sa présence, c’est d’empêcher la femelle de pondre à proximité. Pour cela, il faut traquer le moindre dépôt d’eau stagnante, vider tous les récipients qui en contiennent, même si c’est en infime quantité. Une soucoupe de pot de fleurs lui suffit !

  •  Le bac de récupération d’eau de pluie est à recouvrir d’un tissu ou d’une moustiquaire.
  •  Le bassin d’ornement doit abriter des ­poissons rouges, ils raffolent des larves.
  • Une couche d’huile sur la surface de l’eau tue les larves, elle les empêche de respirer.

 

Éviter les piqûres

Les bonnes pratiques :

  • Porter des vêtements couvrants de couleur claire. Les tenues foncées, qui emmagasinent la chaleur, attirent les moustiques.
  • Se doucher après un effort, car la ­transpiration est un attractif puissant.
  • Faire fonctionner le ventilateur ou le ­climatiseur, les moustiques n’aiment ni le vent ni l’air frais.
  •  Éviter les parfums et les produits ­odorants, ils les attirent.
  •  Équiper les berceaux et les lits des tout-petits de moustiquaires, les répulsifs et les insecticides ne conviennent pas aux bébés.
  • En zone à risques, installer des ­moustiquaires aux fenêtres et enduire ­l’extérieur des vêtements légers de spray insecticide avant de les porter.

 

Les produits efficaces

Il existe deux grandes catégories de produits antimoustiques, les répulsifs qui sont destinés à les maintenir éloignés, et les insecticides qui ont pour mission de les tuer. Leurs fonctions sont donc complémentaires, il est utile d’avoir les deux à portée de main quand on se trouve dans une zone infestée.

 

 

 

 

Les répulsifs

La famille des répulsifs compte surtout des répulsifs cutanés qui s’appliquent sur la peau, mais aussi quelques répulsifs domestiques à installer dans le logement.

Les répulsifs cutanés se présentent souvent sous la forme de spray, il faut alors éviter de pulvériser directement sur le visage, mais on trouve aussi des formulations en crème ou gel.

Quelle formulation ?

Si les références de répulsifs sont nombreuses, les substances actives utilisées le sont moins. Les produits ont surtout recours au DEET (N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide), à l’IR 3535, à l’icaridine, aux extraits de plantes, à la citronnelle ou une huile essentielle. Les produits les plus efficaces sont à base de DEET, à 30 ou 50 %. Ils sont recommandés dans toutes les zones où les moustiques risquent de transmettre la dengue, le chikungunya ou le paludisme. L’efficacité de l’IR 3535 dépend de la composition du produit : un répulsif qui contient 20 % d’IR 3535 peut être très efficace, un autre qui en contient 25 % peut ne pas l’être. L’icaridine est d’une efficacité moyenne. Il faut en revanche renoncer à tous les produits naturels à base de plantes, que ce soit des extraits, des huiles essentielles ou de la citronnelle ; ils protègent mal.

Quelle durée de protection ?

Les fabricants sont optimistes, ils annoncent 8 heures, parfois plus. En réalité, c’est toujours moins et c’est variable selon les individus et le contexte (pluie, sueur…). Quand un produit est bon, la durée moyenne de protection mesurée lors des tests en laboratoire est plutôt de l’ordre de 4 heures. Plutôt que se fier aux indications de l’emballage, il faut appliquer une nouvelle couche dès qu’on sent les moustiques approcher.

À noter : les répulsifs domestiques sont souvent des plaquettes longue durée à poser sur un meuble. Les modèles à la citronnelle ne servent pas à grand-chose, leur efficacité est très faible.

Comparatif Répulsifs antimoustiques (23/05/2015)

 

Les insecticides

Ils doivent tuer les moustiques, il leur faut donc des molécules chimiques adaptées. Ils utilisent des substances actives nocives pour la santé, il faut donc en faire un usage modéré.

Ils doivent tuer les moustiques, il leur faut donc des molécules chimiques adaptées. Ils utilisent des substances actives nocives pour la santé, il faut donc en faire un usage modéré.

 

 

Les bombes aérosol qui contiennent un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes sont d’une efficacité redoutable. Sur les étiquettes, dans le paragraphe composition, ces substances se repèrent à leur nom qui se termine en  « thrine » (transfluthrine, tétraméthrine…).

 

 

 

 

 

 

 

Les diffuseurs électriques qui se branchent sur une prise de courant sont parfois efficaces, parfois moins. C’est fonction de leur composition même si tous utilisent aussi des pyréthrinoïdes comme substance insecticide. Acheter au hasard en magasin en se fiant aux ingrédients ne garantit donc pas l’efficacité.

 

 

 

 

 

 

 

Les spirales à brûler qui contiennent une molécule de la famille des pyréthrinoïdes sont assez efficaces mais elles doivent être utilisées exclusivement en extérieur et pour une bonne protection, il faut se trouver à proximité immédiate.

 

 

 

 

Comparatif Insecticides antimoustiques (27/06/2011)

Les fausses alternatives :

Les substances chimiques efficaces contre les moustiques n’ont rien d’anodin, on peut donc être tenté d’opter pour des alternatives plus douces. Bracelets aux huiles essentielles, bougies à la citronnelle, flacons ou spray d’huiles végétales, géranium ou citronnelle, plaquettes d’huiles essentielles, lampes à ultraviolets, appareils à ultrasons, il y a du choix. Tests à l’appui, « Que Choisir » peut cependant affirmer qu’il est inutile de s’en équiper. Les ultrasons ça ne marche pas, qu’il s’agisse d’un appareil à brancher ou d’un portatif à poser sur soi, les huiles essentielles non plus. Le bracelet à la citronnelle n’évite pas les piqûres, l’huile essentielle au géranium et la bougie à la citronnelle non plus.

Quant aux plantes, géraniums ou autres, elles n’empêcheront jamais des femelles affamées de sang de piquer.

 

Élisabeth Chesnais



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