Stockage en ligne

 

Gratuite ou payante ?

Comment bien choisir sa solution de stockage de données ?

 

Sur Internet, il existe plusieurs solutions pour stocker ses documents personnels, ses photos, ses vidéos ou encore sa musique. Gratuites ou payantes, elles se révèlent d'intéressants outils de sauvegarde et de partage. Pratiques, elles permettent d'accéder à ses fichiers depuis n'importe où. Tour d'horizon.

 

 

Le cloud 

Pour les photos, les documents

 

Le cloud (« nuage ») est désormais très répandu. Il s’agit d’un espace de stockage de taille variable qui vous est alloué pour stocker vos documents. Pour accéder à son espace personnel, il suffit de renseigner son identifiant et son mot de passe. Plusieurs prestataires offrent ce service. Voici les principaux.

 

 

 

Les géants du Web et de l’informatique : Apple, Google, Microsoft, Amazon Schématiquement, l’informatique est aujourd’hui partagée en trois environnements distincts : celui d’Apple, avec ses ordinateurs Mac, ses tablettes iPad et ses iPhone ; celui de Google, avec ses Chromebooks, ses tablettes Nexus et ses smartphones Nexus ; et celui de Microsoft, avec les PC, et les appareils mobiles fonctionnant sous Windows (8, 8RT ou Phone). Chacun de ces écosystèmes offre ses propres services (e-mails, navigateur Internet, boutique d’applications mobiles, etc.). Le cloud est l’un d’entre eux. Qu’il s’agisse d’iCloud chez Apple, de Drive chez Google et de Skydrive chez Microsoft, le principe est le même : les premiers gigaoctets de stockage sont gratuits (5 Go chez Apple, 7 Go chez Microsoft, 15 Go chez Google). Si vous avez besoin de plus, il faut payer.

Amazon a également fait de son Cloud Drive un argument. Il offre 5 Go de stockage pour conserver ses photos, ou bien les ebooks achetés dans sa librairie.

 

Les FAI : Bouygues Télécom, Orange, SFR
Les fournisseurs d’accès à Internet intègrent aussi dans leurs offres un espace de stockage en ligne. Le cloud de Bouygues Télécom est assez généreux (20 Go avec l’offre Bbox ADSL, 50 Go avec les offres Bbox Sensation), celui d’Orange encore plus (50 Go pour une offre ADSL Zen ou Play, 100 Go si vous êtes abonné en fibre optique). SFR se contente d’offrir 9 Go. Quant à Free, il propose bien 10 Go, mais ils servent à héberger des pages personnelles (site Web).

 

Les spécialistes : Dropbox, Hubic et les autres
Des entreprises indépendantes offrent le même type de services, à savoir un espace de stockage que l’on peut organiser à sa guise en créant des dossiers, exactement comme dans un disque dur. Les plus connus sont Dropbox, Hubic ou encore Box.com.  

 

Avantages et inconvénients
Côté pile, les avantages du cloud sont multiples. Cet espace peut servir à sauvegarder vos documents, mais plutôt en complément d’une autre solution, telle qu’un disque dur. De plus, la plupart permettent de partager très facilement des documents ou des photos simplement en envoyant un lien au destinataire. Enfin, vous pourrez accéder à votre espace depuis n’importe quel ordinateur connecté à Internet, ainsi que depuis votre smartphone ou votre tablette tactile. Google, Skydrive, Orange Cloud, Dropbox et les autres se déclinent en applications compatibles avec iOS et Android, à installer sur votre smartphone ou votre tablette. Vous pouvez donc aussi consulter votre Google Drive sur iPhone, ou bien votre Skydrive sur un appareil Android… Rien ne vous oblige à vous cantonner à un seul service, quelle que soit la marque de votre téléphone ou de votre ordinateur.

Côté face, il existe quand même quelques inconvénients. A priori, les données envoyées dans le nuage sont en sécurité. Elles sont stockées sur des serveurs informatiques, lesquels sont répliqués plusieurs fois, sur des infrastructures branchées à des arrivées électriques différentes, pour éviter toute perte en cas de panne. Tous les prestataires se protègent quand même en déclinant toute responsabilité en cas de perte de données. Plus que de la sécurité des serveurs, c’est de leur localisation géographique dont il faut s’inquiéter. 

 

 

Les coffres-forts électroniques 

Pour les contrats, les papiers d’identité
Un coffre-fort électronique est hébergé dans le cloud, mais tous les services cloud ne sont pas pour autant des coffres-forts électroniques. En effet, il existe plusieurs niveaux de service, plusieurs degrés de sécurisation. Les services de cloud courants sont « juste » sécurisés : les serveurs sont redondants, l’emplacement physique est surveillé et sécurisé (gardiennage, etc.).

Les services de coffre-fort électronique doivent répondre à des critères plus stricts. Outre leur sécurité physique, les serveurs de stockage doivent être localisés en France. Les coffres-forts électroniques doivent répondre à des normes d’archivage (Afnor Z42013, ISO 14641-1), mais aussi de conservation et d’intégrité des données dans le temps (Afnor Z42020). Enfin, les données doivent rester personnelles et confidentielles : le prestataire n’a pas le droit d’aller fouiller dans vos dossiers pour vendre, ensuite, de la publicité ciblée par exemple. Méfiez-vous, certains ne s’en privent pas, en particulier lorsqu’ils sont gratuits (lire encadré).  

Certains prestataires assurent aussi un stockage « à valeur probatoire ». Dans ce cas, le document est horodaté lorsqu’il est déposé dans le coffre, puis il est tracé (toute consultation, copie ou modification est enregistrée). L’objectif est de pouvoir justifier devant un juge que le document n’a subi aucune modification (ce qui n’en fait pas un « original numérique », signé électroniquement).

Concrètement, les coffres-forts électroniques se destinent plus au stockage de documents personnels (papiers d’identité, factures, contrats, etc.). Pour disposer d’une sauvegarde de ses photos, les clouds grand publics sont suffisants.

Attention quand même, des coffres-forts électroniques, on en trouve de toutes les sortes. Des sociétés spécialisées (e-coffre-fort.fr, par exemple) aux services proposés par les banques et les assurances (Digiposte à La Banque Postale, Maaf, etc.), il existe différents prestataires, avec différents niveaux de service. Avant de vous abonner, lisez les conditions générales d’utilisation : un vrai coffre-fort numérique doit garantir la sécurité et la pérennité des données, pas se couvrir en se désengageant de toute responsabilité en cas de perte.

 

La recommandation de la Cnil

Devant la recrudescence de services se prétendant coffres-forts électroniques, la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a jugé utile de rappeler aux prestataires quelques règles de base. Dans une recommandation publiée en novembre 2013, la Commission rappelle que l’accès au coffre doit être limité à son seul utilisateur, et que les mécanismes d’authentification doivent être forts (mot de passe à usage unique, envoi de codes par SMS, etc.). D’autre part, les données doivent être chiffrées, et ce avec un dispositif répondant aux exigences de l’Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information).La Cnil rappelle aussi que les données relatives à la santé font l’objet d’une réglementation spécifique, et que s’il n’a pas reçu l’agrément du ministère de la Santé, reçu après avis de la Cnil, le prestataire doit déconseiller de stocker ce type d’informations.   

Camille Gruhier