06/2023

Piqûres
Toujours désagréables, les piqûres peuvent devenir dangereuses si le moustique est infecté et porteur d’un virus. Longtemps cantonné aux destinations exotiques, le risque touche depuis peu le sud de la France. Se protéger devient impératif.
Un risque nouveau
L’été 2010 fut inquiétant. Pour la première fois, le chikungunya et la dengue ont frappé sur la Côte d’Azur, avec deux malades à Nice et deux autres à Fréjus. Or, aucune de ces personnes n’avait voyagé, elles ont été piquées par des moustiques locaux. Le coupable a été identifié, il s’agit du redoutable moustique tigre (Aedes albopictus), responsable des épidémies de chikungunya et de dengue dans les zones tropicales. Exotique, il a débarqué il y a quelques années. Il a d’abord gagné la Corse et le Var, avant de s’implanter sur toute la bordure méditerranéenne. Puis il est remonté vers l’intérieur, en Provence et en Rhône-Alpes. On le trouve dans les Alpes de Haute-Provence, le Vaucluse, et même dans la Drôme, l’Ardèche, l’Isère et le Rhône depuis l’été dernier. Mais il s’étend aussi dans le Sud-Ouest, la Haute-Garonne et le Lot-et-Garonne. Actuellement bien implanté dans 17 départements, il pourrait encore gagner du terrain dès cet été. En effet, il a déjà été repéré dans les Pyrénées-Atlantiques, en Gironde, dans l’Aveyron, en Savoie et Haute-Savoie, dans l’Ain et même en Saône-et-Loire.
La transmission de la maladie
Tout commence quand une femelle (ce sont elles qui ont besoin de sang pour pondre) pique une personne venant d’une zone contaminée, porteuse sans le savoir du virus de la dengue ou du chikungunya. Le moustique s’infecte puis transmet le virus à chaque individu piqué par la suite, jusqu’à 7 à 10 personnes. Lesquelles peuvent ensuite être piquées par d’autres moustiques, qui deviennent à leur tour vecteurs du virus.
Les autorités sanitaires en alerte
Heureusement, il n’y a pas d’épidémies dans l’Hexagone, le moustique tigre présent ici n’étant pas porteur de virus. Mais les autorités sanitaires le surveillent de près, car le risque existe. Il suffirait que des moustiques tigres sains piquent des personnes rentrant de voyage et porteuses, sans le savoir, du virus du chikungunya ou de la dengue pour qu’une épidémie se déclenche. C’est arrivé en Italie en 2007, à Ravenne, où 250 personnes ont contracté le chikungunya alors qu’aucune n’avait voyagé. Sans céder à la panique, il est donc préférable de s’en protéger.
Traquer le moindre dépôt d’eau stagnante
Pour éviter les piqûres, il faut adopter la bonne stratégie, et elle ne va pas de soi. En effet, contrairement aux espèces habituelles de nos climats tempérés, le moustique tigre pique tout au long de la journée, et en plus il vit tout près des habitations. En revanche, il se déplace peu, dans un rayon de 50 mètres maximum. La méthode la plus efficace pour éviter sa présence, c’est d’empêcher la femelle de pondre à proximité. Pour cela, il faut traquer le moindre dépôt d’eau stagnante, vider tous les récipients qui en contiennent, même si c’est en infime quantité. Une soucoupe de pot de fleurs lui suffit !
- Le bac de récupération d’eau de pluie est à recouvrir d’un tissu ou d’une moustiquaire.
- Le bassin d’ornement doit abriter des poissons rouges, ils raffolent des larves.
- Une couche d’huile sur la surface de l’eau tue les larves, elle les empêche de respirer.
Éviter les piqûres
Les bonnes pratiques :
- Porter des vêtements couvrants de couleur claire. Les tenues foncées, qui emmagasinent la chaleur, attirent les moustiques.
- Se doucher après un effort, car la transpiration est un attractif puissant.
- Faire fonctionner le ventilateur ou le climatiseur, les moustiques n’aiment ni le vent ni l’air frais.
- Éviter les parfums et les produits odorants, ils les attirent.
- Équiper les berceaux et les lits des tout-petits de moustiquaires, les répulsifs et les insecticides ne conviennent pas aux bébés.
- En zone à risques, installer des moustiquaires aux fenêtres et enduire l’extérieur des vêtements légers de spray insecticide avant de les porter.
Les produits efficaces
Il existe deux grandes catégories de produits antimoustiques, les répulsifs qui sont destinés à les maintenir éloignés, et les insecticides qui ont pour mission de les tuer. Leurs fonctions sont donc complémentaires, il est utile d’avoir les deux à portée de main quand on se trouve dans une zone infestée.


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