Détecteurs de fumée

 

 

Alors que la date butoir de l’obligation d’installation d’un détecteur de fumées dans les logements approche (8 mars 2015), l’UFC-Que Choisir a passé au crible ces appareils. Sur la base des résultats accablants(1) de son test labo, l’UFC-Que Choisir demande le retrait du marché de plusieurs  détecteurs, dépose 3 plaintes pour pratiques commerciales trompeuses contre des fabricants/importateurs, mais surtout appelle les consommateurs à la vigilance.

 

Dans le prolongement des nombreux tests alarmants sur l’efficacité des détecteurs de fumées réalisés à la suite de la proposition de loi les rendant obligatoires (Loi Morange du 9 mars 2010), l’UFC-Que Choisir a analysé 18 détecteurs à la veille de l’entrée en vigueur, le 8 mars prochain, de  cette obligation législative. Sur l’ensemble de l’échantillon, pas moins d’un tiers - six appareils- s’avèrent problématiques.

 

Conformité : 4 détecteurs sur la sellette !

 

Pas moins de 3 détecteurs se sont avérés non conformes car n’ayant  pas réussi à détecter des feux de bois et/ou de literie, ou s’étant déclenché trop tardivement par rapport à un niveau d’opacité des fumées déjà très élevé. Source de préoccupation supplémentaire, l’un de ces détecteurs (BLYSS NB739-B1), acquis en juin 2014, avait fait l’objet d’une injonction de retrait du marché de la DGCCRF….  en janvier 2013, plus d’un an avant ! L’UFC-Que Choisir constate par ailleurs qu’un détecteur AREV Technic est à la limite de la non-conformité compte tenu de sa vitesse de déclenchement à un niveau d’opacité des fumées déjà élevé.

 

2 non conformités décelables dès la prise en main

 

Deux autres détecteurs ont simplement été expertisés dès lors qu’avant même tout test labo, des anomalies avaient été repérées avec notamment le fait de pouvoir refermer le boîtier sans les piles.

 

Une campagne d’information et de prévention partie en fumée ?

 

Promise par la loi rendant obligatoire les détecteurs de fumées, la campagne d’information sur la conduite à tenir en cas d’incendie se fait toujours, 5 ans après, cruellement attendre en France. Faut-il rappeler que l’efficacité de la présence de détecteurs est tributaire des comportements des personnes face à la lutte contre l’incendie. De dramatiques accidents ont ainsi rappelé que l’installation de détecteurs peut-être plus dangereuse qu’utile si elle créée un sentiment de fausse sécurité ou si le déclenchement de l’alarme provoque des réactions de panique susceptibles d’engendrer des comportements contre-productifs.

 

Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de garantir la sécurité des consommateurs :

  • saisit la DGCCRF pour que soient retirés du marché les détecteurs non conformes et qu’un rappel des produits déjà vendus soit opéré, avec un véritable suivi de cette injonction
  • dépose plainte contre trois fabricants/importateurs  pour pratiques commerciales trompeuses
  • appelle les pouvoirs publics à mettre en place sans délai une véritable campagne d’information des Français s’agissant de la conduite à tenir en cas d’incendie

Mais surtout l’association appelle les consommateurs souhaitant s’équiper à la vigilance :

  • en ne cédant pas aux sirènes des démarcheurs, et en privilégiant l’achat en magasin et/ou sur Internet
  • en privilégiant la marque NF, dont le contrôle et le suivi sont plus rigoureux que le marquage CE
  • en consultant le dossier disponible sur son site Internet

 

Détecteurs de fumée : des changements depuis mars 2014

Qui doit l'installer ?

Depuis le décret du 10 janvier 2011 et jusqu’au printemps 2014, c’était à l’occupant du logement d’installer le détecteur et d’en assurer l’entretien, qu’il soit locataire ou propriétaire. Les seules exceptions concernaient les locations ­saisonnières, les logements meublés, les logements de fonction et les foyers-logements, où c’était alors au propriétaire ­d’installer le détecteur de fumée.

 

Changement depuis la loi Alur

Mais la loi Alur (loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové) du 24 mars 2014 a changé la donne. Désormais, c’est au propriétaire d’équiper le ou les logements qu’il met en location. Dans les locations en cours, le propriétaire bailleur est tenu de fournir le détecteur de fumée au locataire ou de lui en rembourser l’achat.

 

Qui doit l’entretenir ?

C’est à l’occupant du logement, donc cette fois au locataire s’il s’agit d’un logement loué, d’entretenir le détecteur de fumée, de changer les piles et de le remplacer si besoin le jour où il ne fonctionne plus.

Il y a cependant quelques exceptions. Dans les locations ­saisonnières, les logements meublés, les logements de fonction et les foyers-logements, c’est au propriétaire d’entretenir le détecteur de fumée.

 

Comment installer un détecteur de fumée

 

 

 

Où placer le détecteur ?

Le rôle du détecteur de fumée étant de réveiller les dormeurs à temps pour qu’ils aient le temps de fuir, il doit ­s’entendre très distinctement quand on est couché. L’idéal est de le placer dans le couloir qui mène aux chambres ou en haut de l’escalier sur le palier qui les dessert.

Dans certains cas, il est ­indispensable d’ajouter un autre détecteur dans une chambre :
– si l’occupant a la mauvaise ­habitude de fumer au lit ;
– si le dormeur s’endort en ­laissant la couverture ­chauffante branchée ;
– si la chambre est équipée d’un chauffage d’appoint ou d’une cheminée en fonctionnement pendant la nuit.

Dans les logements comportant un ou plusieurs étages, un ­détecteur doit être posé à chaque niveau. Si le feu prend au rez-de-chaussée alors que le détecteur se situe au 1er ou au 2e étage, les occupants risquent de se retrouver piégés par les fumées ou les flammes. En ajouter un au rez-de-chaussée réduit le risque.

Pour éviter les déclenchements intempestifs, il faut en revanche éviter les emplacements ­suivants :
– le voisinage de la cuisine et de la salle de bains, dans le premier cas, à cause des vapeurs grasses, dans le second, à cause de la ­vapeur d’eau ;
– la proximité d’une chaudière, d’une cheminée, d’une bouche de ventilation ;
– les zones propices aux ­courants d’air ;
– le coin préféré des fumeurs ;
– la proximité d’un néon, à cause de son bruit parasite.

Le détecteur se fixe au plafond, si possible au centre. En cas de plafond incliné, il faut le ­placer là où l’air circule le mieux. Attention, pour conserver son efficacité, un détecteur ne doit pas être peint.

 

Mon assurance peut-elle me sanctionner si je n'ai pas de détecteur de fumée ?

À partir du 9 mars 2015, un logement devra être équipé d'au moins un détecteur de fumée. Cependant, votre société d'assurance ne peut pas vous sanctionner si vous n'en n'avez pas installé. En revanche, elle peut vous inciter à le faire en vous accordant une réduction sur votre prime ou en vous faisant bénéficier d'offre avantageuse pour vous en équiper.

Votre logement sera couvert en cas d'incendie (si vous avez souscrit cette garantie) et vous serez indemnisé de la même façon que vous ayez un détecteur ou non.

Si votre logement est équipé d'un détecteur de fumée, que vous en soyez locataire ou propriétaire, vous pouvez le déclarer à votre assureur.

Envoyez-lui, par courrier ou par courriel, une déclaration ainsi qu'une copie de facture d'achat ou d'installation du détecteur.

 

Références :

 

(1) Résultats complets dans le numéro 533 de Que Choisir de février 2015


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